Extrait tiré du roman « La nuit sacrée» de Tahar Ben Jelloun

la nuit sacree« – Je sais ce que tu penses de moi. Tu ne penses rien, en tout cas pas de mal. Pas encore. Tu m’intrigues par ta patience, on dirait de l’indifférence ou de la passivité. Parfois cette disponibilité m’énerve. Mais peu importe. Sache que moi je sais qui je suis. Ma naissance fut probablement une erreur. Quand j’étais petite, je suis née laide et le suis restée. J’ai souvent entendu dire à mon propos : « Cette gosse n’aurait pas du être là. »

« Cette gosse est née de la sécheresse. » J’ai été une enfant encombrante, jamais à sa place. Mon corps mal foutu était de trop. Partout où j’allais je voyais la désolation et la déception sur le visage des gens, surtout les grands. En principe je ne suis pas méchante. Je me défends. Et même quand on ne me fait rien, je me défends. C’est une règle de conduite. Ne pas me laisser faire. Être en avance sur les reproches ou les médisances.» (p.101)

 

 

Résumé

Ahmed, la petite fille de l’Enfant de sable qui a été élevée comme un garçon, est désormais une vieille dame. Il lui a fallu attendre ses vingt ans avant que son père, la nuit de sa mort ne la libère en la reconnaissant comme femme. Elle a fait depuis le douloureux apprentissage de la vie, bravant l’incompréhension d’une société rigide et le mépris de ses sœurs. Une œuvre majeure consacrée par le prix Goncourt en 1987.

Date de parution : septembre 1987
Editeur : Editions du Seuil
Langue : français
ISBN : 9782020255837

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