“Si j’écris, c’est pour participer aux luttes de mes semblables, ceux qui disent qu’il faut résister, compter ce qui fait mal mais aussi nos espérances.” Entretien avec Koulsy Lamko de “Rwanda: Écrire par devoir de mémoire”

7J9A3386Pendant la semaine de la 20ième commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, Ishyo s’est entretenu avec l’auteur Koulsy Lamko du projet ‘Rwanda : Écrire par devoir de mémoire’. Ce projet avait réuni une dizaine d’auteurs d’origine africaine pour une résidence d’écriture au Rwanda en 1998 afin de produire des œuvres en tout genre sur le génocide.

Au cours ce séjour au Rwanda, Koulsy Lamko, fondateur du Centre Universitaire des Arts de Butare, a participé à diverses rencontres littéraires et de nouveau, a souligné l’importance de connaître l’Histoire de ce continent, de préserver sa mémoire et œuvrer pour que les générations futures prennent leur destin en main et ne connaissent pas un avenir marqué par les conséquences de l’esclavage, la colonisation et le néo-colonialisme.

Ishyo : Présentez-vous et parlez-nous de votre parcours artistique.

Koulsy Lamko : Je m’appelle Koulsy Lamko.  Je suis originaire du Tchad, mais je suis panafricain, c’est-à-dire le refus des frontières héritées de Berlin et l’adoption de l’idée que notre continent a besoin d’être uni pour pouvoir faire face à tous les défis – l’esclavage, la colonisation, le néo-colonialisme, le mondialisme—qu’il rencontre depuis 500 ans.

Je suis docteur en lettres, poète, écrivain, chanteur, musicien et puis entrepreneur culturel, bref je touche à tout ce qui englobe l’activité artistique. Je vis au Mexique depuis onze ans où j’ai fondé la Casa Hankili Àfrica, qui est un centre de résidence d’artistes et d’auteurs, dont les œuvres sont en danger, ainsi qu’un centre de diffusion des cultures africaines. C’est un centre à partir duquel nous déconstruisons, au niveau universitaire, les préjugés sur l’homme noir.

J’enseigne aussi dans un institut qui s’appelle Lytham. C’est un institut technologique où je donne des cours en relations internationales, sur la politique, l’économie et la sociologie africaine.

Ishyo : Parlez-nous de votre rencontre avec le Rwanda et de votre roman La phalène des collines écrit sur le génocide des Tutsi ?

K.L. : C’est une rencontre qui s’est déroulée en  plusieurs étapes.

Je vivais à Limoges où je travaillais au Festival International de Francophonie quand le génocide a commencé ici au Rwanda; du moins celui de 94, parce que les autres l’étaient aussi quand bien même, on ne les ait pas répertoriés comme tels. Donc je travaillais et faisais mon doctorat là-bas quand cela s’est passé. Mais nous avons été complètement désinformés, ce qu’on nous a présenté était un déni de la réalité. On nous faisait savoir qu’à Goma il y avait pleins de Rwandais qui souffraient des attaques du FPR et qu’il fallait les aider.

Ce qu’on nous présentait c’était essentiellement les camps de réfugiés de Goma avec l’épidémie qu’il y avait. Ayant déjà été un citoyen de beaucoup de pays d’Afrique auparavant, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, etc., j’ai toujours été sensible à cette question de panafricanisme depuis l’âge de 14 ans. On a donc rassemblé des couvertures pour envoyer vers Goma parce qu’on nous disait qu’il fallait aider.

Ensuite ça paraissait un peu bizarre que les choses ne soient présentées que de cette manière-là. Donc je me suis approché des Rwandais, des gens que je connaissais et c’est là que j’ai eu une version complètement différente. Plus tard avec feu Théogene Karabayinga, le journaliste de RFI, j’ai pu en savoir plus et de même avec Fest’Africa qui m’a demandé de me joindre au groupe d’écrivains qui venaient ici. J’ai accepté immédiatement et c’est comme ça que j’ai rencontré le Rwanda en 1998.

Ça a été douloureux parce que je ne pouvais même pas mettre de distance entre la douleur que pouvaient vivre et que continuent de vivre beaucoup de survivants et ma douleur d’homme simplement. Je me demandais ce qui a pu se passer pour qu’il y ait eu cette immense tragédie. L’empathie a été immédiate. J’ai rencontré pendant ce séjour là des gens comme Alice Karekezi et Valentine Rugwabiza qui m’ont beaucoup aidé à comprendre, et puis d’autres rwandais qui venaient à notre hôtel à Nyamirambo pour être nos guides et avec nous comme nous apportions ce témoignage de solidarité.

Ce qui m’a le plus perturbé c’est cette passivité d’Africains tout autour pendant que se déroulait le drame. Pour les autres, on sait de toute façon ils ne nous ont jamais aimés, ils nous ont fait subir tous les drames possibles, on ne pouvait donc pas attendre grand-chose d’eux, quand bien même ils ont mis en place des institutions, c’est une idéologie impérialiste dominante qui se profile derrière celles-ci.

Je pense que ce premier séjour a été un point de rupture dans ma compréhension des choses. J’étais à Nyamata et on ne peut pas sortir indemne de là. J’avais les jambes flageolantes en regardant les restes de ce qui s’est passé.

Cette image très forte qui m’est resté est celle de Mukandoli qui avait dans son intimité, ce bois que ces tueurs avaient introduit certainement après l’avoir violée, déstructurée. J’en étais fou de rage et il y avait d’ailleurs un prêtre qui nous accompagnait dans cette visite qui nous expliquait que de temps en temps une messe se déroulait dans cette église.

C’était pour moi insupportable. Je me disais que ce n’est pas possible que des gens viennent profaner cet espace où il y a toutes ces vies humaines qui sont rassemblées, qu’on ne voit certainement pas, mais qui sont là. J’ai crié que ce n’est pas possible, je suis ressorti, revenu et j’ai demandé pourquoi le gouvernement ne réquisitionnait pas cet espace. Il m’a dit que c’est la propriété du Vatican ce qui m’a encore plus énervé. Il a fini par me dire de me calmer parce qu’au milieu de ces cranes se trouvait celui de sa mère. Ça m’a coupé le souffle.

Voir notre guide capable de conduire des inconnus sur cet espace-là, avoir la force d’un certain discours pour communiquer ce qui était un chagrin profondément enfoui m’a convaincu que je devais faire quelque chose.

D’où la décision de commencer à écrire La phalène des collines en août 1998. Pour moi le crime commis sur la personne de Mukandoli devenait emblématique de tous les crimes, c’est-à-dire l’Église, la colonisation, tout ce qui a violé le Rwanda, l’Afrique de façon générale et ça ne pouvait être incarné que par ce personnage de Gicanda, qui représente la souveraineté violée.

Une autre douleur toute personnelle s’est rajoutée pendant mon séjour au Rwanda avec les décès de mon père et de mon petit frère à une semaine d’intervalle. J’ai quitté le Rwanda et suis revenu en avril 1999, au moment des commémorations, sur l’invitation du ministère de la culture.

À mon retour, j’ai animé un atelier à l’Université Nationale du Rwanda et celui-ci s’est déroulé de manière très positive avec l’appel des étudiants qui demandaient à ce que l’on fasse quelque chose de plus grand. Je suis reparti et revenu au Rwanda pour mettre en place le Centre Universitaire des Arts. Au départ, nous avons de nombreux ateliers appelés « Arts Azimuts » car il fallait réellement regarder le plus large possible pour qu’il en sorte quelque chose, à un moment où le silence était encore l’expression de traumatisme.

Je viens d’une tradition très répandue sur le continent où le deuil ne se vit pas seul. Dans mon village lorsque quelqu’un est décédé, les gens des alentours viennent apporter leur soutien aux proches du défunt/de la défunte pour leur montrer qu’ils sont eux aussi dans l’espace de la mort et qu’ils sont solidaires face à la douleur que le destin impose. Celui qui vient d’ailleurs est beaucoup plus fort que celui qui est dans le cercle premier de la mort et a donc le devoir d’accompagner car il peut aider à ‘organiser’ les émotions de celui qui est endeuillé. Pendant des jours, certains joueront du tambour, entonneront des chants funèbres, boiront et s’assoiront pour discuter. Il y a tout un environnement qui passe entre la vie et la mort, les temps mythiques et historiques se mélangent, petit à petit pour créer un espace de résilience pour ceux directement touchés par la mort. Ces derniers ne sont jamais laissés seuls.

Donc j’avais décidé d’apporter ma contribution de tiers-médian dans ce processus de résilience que commençait à aborder les Rwandais eux-mêmes.  Je suis resté pratiquement quatre ans pour mettre en place le Centre Universitaire des Arts qui fut adopté par le sénat académique après septembre 1999. Il fallait motiver et aider les jeunes à utiliser l’expression artistique comme local permettant d’évacuer émotionnellement le trauma et avoir une parole poétique. En effet, la parole poétique sert à créer un cadre dans lequel on peut traduire beaucoup de choses comme déverser la douleur mais aussi raconter l’espérance.

Je suis fier de ce centre parce que j’estime qu’il a pu donner la force de dire « oui, on peut ! » à beaucoup de jeunes – qui  pratiquaient déjà le théâtre, qui faisaient de la musique, ou qui avaient envie de faire du cinéma ou des arts plastiques— à partir des ateliers qui y étaient organisés et où étaient invités des panafricains, des Africains, des Européens, des brésiliens, etc. Tout cela dans le but de relancer l’activité artistique et culturelle. Le Ministère de la culture et de la jeunesse a aussi aidé en envoyant lorsque c’était possible des artistes en formation dans notre Centre lorsqu’il y avait des invités étrangers. Je suis content parce que je suis persuadé que ce Centre a atteint son objectif premier qui était de montrer que « la parole est acte » et qu’écrire un roman sur le génocide c’est très bien, mais de la tradition d’où je viens, c’est la présence qu’on apporte lors d’un deuil. Je précise que je n’étais pas seul, il y avait un cadre créé à l’Université avec Emile Rwamasirabo, Alice Karekezi avec le Centre de gestion des conflits, etc. Des jeunes aussi ont accompagné ce mouvement, tels qu’Aimable Twahirwa, Gakire Katese, Paulin LouveBasinga, Diogène ‘Atome’ Ntarindwa, et d’autres. De ce mouvement collectif est sorti cette volonté d’utiliser les arts dans ce processus de résilience.

Ishyo : Quel est votre point de vue sur la mémoire panafricaine du génocide des Tutsi?

K.L. : Beaucoup l’ont noté, le continent est amnésique. Notre continent oublie son histoire parce qu’il y a des stratégies mises en place pour que cette histoire-là soit oubliée et que nous, Africains, soyons obligés de vivre au jour le jour sans avoir une mémoire qui va puiser véritablement dans notre marche depuis des siècles. Ceci est vraiment dommage.

Normalement, les vingtièmes commémorations de ce qui s’est passé au Rwanda devraient avoir lieu dans chaque pays d’Afrique, pour qu’on se souvienne qu’ici nous sommes tombés si bas, qu’il n’y a d’autre alternative que de nous relever. Ici, l’occident a réussi à falsifier l’histoire, à créer des identités meurtrières; et finalement à diligenter une histoire qui petit à petit a détruit des valeurs profondes des gens qui vivaient sur cet espace, ce qui a conduit à l’innommable. C’est un grand message que l’occident nous a donné de voir que nos royaumes, organisés avant leur venue, peuvent être détruits sur plusieurs années, voire des siècles, comme ils l’ont fait.

L’Afrique aurait du réagir de façon unanime. Elle ne l’a pas fait à l’époque ni même 20 ans après. Beaucoup de gens ignorent ce qui s’est passé ici parce qu’il n’y a pas de volonté politique, au niveau d’un certain type de leadership, de faire en sorte qu’on dise « Plus jamais ça ! » et qu’il y ait des commémorations un peu partout. C’est ce qui est décevant pour ce que je vois du continent .

Mais il y a des îlots de résistance que ces écrivains-là ont écrits il y a pratiquement 16 ans. Ces œuvres ont permis de démultiplier les espaces de communication parce que beaucoup ont été traduits dans plusieurs langues.

La phalène des collines a une version publiée en allemand, en espagnol, en italien et une version anglaise qui va être publiée. Dans beaucoup d’autres cas, que ça soit Murambi de Boubacar Boris Diop ou le roman de Véronique Tadjo, il existe plusieurs versions dans plusieurs langues.  À travers les œuvres de ce groupe d’écrivains, on a été des porte-paroles des survivants et des morts parce qu’il faut créer une espèce de sépulture symbolique à ceux qui nous ont été violemment arrachés. Nous avons donc apporté notre petit témoignage, dans des conférences, séminaires, tables rondes, etc. Nous l’avons fait en regardant l’Afrique, le Rwanda dans l’Afrique et en nous regardant nous-mêmes.

En effet, c’est notre humanité qui a été déniée, qui a été détruite et c’est l’humanité entière qui devrait s’approprier cette histoire-là, la raconter pour que nos morts ne soient pas morts dans le silence et pour rien. C’est cela la première des choses par rapport à la mémoire. Mais la mémoire doit aussi être celle du futur, c’est-à-dire à partir de ce qui s’est passé, comment devons-nous faire pour que les jeunes générations puissent bénéficier d’un cadre beaucoup plus humain où ils sentent l’envie de vivre, de créer, de rire, d’imaginer, d’inventer le futur, de résister, etc. La mémoire n’est pas quelque chose à reléguer comme dans un musée car elle est constamment dynamique.

Aujourd’hui le Rwanda est un exemple de miracle avec sa reconstruction extraordinaire et une résilience au niveau des individus et collective. Ce pays a un leadership éclairé, intelligent qui va puiser dans la culture et dans les arts des forces pour pouvoir se reconstruire en gardant son identité et ça c’est très important. Par exemple sans les gacaca[i] je ne sais pas où on en serait aujourd’hui. Il y a également cette redistribution des ressources en donnant aux familles dans la nécessité une vache (girinka) ou encore cette idée, qui vient de la tradition, qui mobilise la communauté pour certains travaux, infrastructurels par exemple, car l’État ne peut pas tout faire (umuganda). Puiser dans les traditions c’est vraiment un exemple à suivre pour beaucoup de pays africains. Réfléchir, analyser, revenir à nos valeurs pour en faire des leviers de notre développement pour moi c’est ça la mémoire pour le futur. Une mémoire panafricaine avec une flamme, qui émerge d’un petit espace comme le Rwanda mais qui illumine l’Afrique. Nous qui vous côtoyons, nous sommes fiers de l’exemple extraordinaire qu’est le Rwanda et nous nous disons que tout n’est pas perdu sur le continent.

Ishyo : Pour conclure, sur quels projets littéraires travaillez-vous en ce moment ?

KL : Je ne sais pas si ceux sont vraiment des projets littéraires. Mais je suis entrain de travailler sur un livre d’interviews justement sur le nouveau leadership africain. C’est un livre politique qui me passionne beaucoup parce que j’ai toujours été un militant activiste et révolutionnaire. Assez souvent je ne me suis pas arrêté parce que je me disais « ou on travaille ou on archive ».  On ne peut pas faire les deux à la fois, sinon on se regarderait marcher et ce serait comme le mille-pattes, s’il devait se voir poser chaque patte il ne pourrait pas du tout marcher.

J’ai toujours été très actif et ce depuis que j’ai quitté mon pays il y a plus d’une trentaine d’années. Là je me pose un peu pour réfléchir sur le continent et les projets politiques qui l’ont traversé, ses économies et ses organisations sociales. Il faut analyser notre histoire et voir ce qui nous a arraché ce qu’il y a de plus profond en nous, en analyser les conséquences et jeter des pistes de réflexion constructives. S’il n’y a pas de réels efforts pour recréer une nouvelle mentalité, nous restons vivement colonisés dans nos esprits, nos mentalités et nos façons de faire et nous continuerons à regarder l’Occident comme le pôle à imiter, à reproduire. Le travail que je fais est donc de ré-interroger tout ces concepts et cela m’aide aussi à me structurer. J’espère que ça aidera d’autres aussi.

Depuis quelques temps je fais aussi des documentaires sur les 300 mille descendants d’esclaves de la Costa Chica de Guerrero et de Oaxaca au Mexique. Dans ces zones là ils ont tout perdu, même l’orientation géographique de l’Afrique puisque cette histoire ne leur est pas racontée. Ils savent qu’ils viennent de quelque part car ils sont noirs sur un continent où normalement il ne devrait pas avoir de noirs. Au Brésil, à Cuba, dans les Caraïbes, les gens sont arrivés en groupe et ont maintenu certains rituels qui ont renforcé leur identité. Mais au Mexique non, donc je travaille beaucoup avec eux pour recréer cette mémoire.

J’ai également un roman en cours qui s’intitule Darfour. Le Darfour fait partie d’une de nos douleurs également, d’autant plus que ce territoire, l’occident s’apprête encore à le séparer du Soudan parce qu’il y a du pétrole et un amassement  de richesses. Une grande partie des réfugiés du Darfour vivent sur le territoire tchadien, qui est mon pays. J’écris un roman là-dessus qui est une trilogie qui commence par Sahr, Champs de folie, puis Les racines de Yucca, et Darfour qui sera le troisième roman que j’espère pouvoir venir écrire en résidence ici.

Ishyo : Merci pour cet entretien Mr. Lamko!

K.L. : Merci à Ishyo qui se bat pour apporter un dynamisme nécessaire à la culture et aux arts ici au Rwanda. Continuez ce travail et ne baissez jamais les bras! Si j’écris, c’est pour participer aux luttes de mes semblables, à ceux qui sont debout et qui disent qu’il faut que nous résistions, que nous agissions. Il faut que nous comptions ce qui nous fait mal mais aussi notre espérance, c’est la seule motivation qui fait qu’aujourd’hui on puisse parler d’écriture.

 

(Propos recueillis à Ishyo Arts Centre le 12 avril 2014).

 

[i] Les gacaca sont des séances au cours desquelles les victimes du génocide sont appelées à témoigner de ce qu’elles ont vu et vécu en présence des génocidaires responsables de crimes commis dans leurs communautés. Ces séances sont dirigées par des juges sélectionnés par les habitants de ces mêmes communautés et en échange de leurs aveux, les génocidaires peuvent recevoir une remise de peine. Ce système judiciaire introduit en 2001, et clôturé en 2012, provient d’une tradition rwandaise qui permettait aux membres d’une même communauté de parler ouvertement des conflits vécus afin de faire trouver au(x) fautif(s) le moyen de se faire pardonner pour le mal commis.

 

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