Extrait…”Mémoires de porc-épic” d’Alain Mabanckou

« Mon cher Baobab, je voudrais retourner vivre dans notre ancien territoire parce que la fréquentation des hommes a créé en moi le sentiment de la nostalgie, un sentiment que je qualifierais de mal du territoire, eux parleraient de mal du pays, je tiens désormais à mes souvenirs comme l’éléphant tient à ses défenses, ce sont ces images lointaines, ces ombres disparues, ces bruits éloignés qui m’empêchent de commettre l’irréparable, oui, l’irréparable, j’y pense aussi, me donner la mort, mais c’est la pire des lâchetés, de même que les êtres humains estiment que leur existence vient d’un être suprême, j’ai fini par le croire à mon tour depuis vendredi dernier, et si j’existe encore, nom d’un porc-épic, c’est parce qu’une volonté au-dessus de moi l’a décidé, or s’il en a été décidé ainsi, c’est que je dois forcément avoir une dernière minute à remplir ici-bas. »

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s