L’auteur du jour: Laurent Owondo

laurent owondo

« Ils auraient pu habiter ça ou la, du côté de la ville qui tourne le dos à la mer, mais le hasard voulut que ce fut à Petite Venise. On racontait tant de choses sur ce quartier, tant et tant de choses blessantes qui ne pouvaient pas être de simples calomnies puisqu’elles venaient de la bouche même de ceux qui habitaient Petite Venise. Pour Nindia, cependant seul comptait le soulagement d’avoir un toit qui lui offrait au moins l’espoir de voir un jour Kota retrouver sa voix. En effet, avant d’arriver ici, ils avaient trouvé refuge chez Boussendji, né avant Nindia du ventre d’une de ses tantes. Durant les quelques jours qu’ils passèrent là-bas, Kota ne prononça pas un mot »

Extrait tiré du roman ‘Au bout du silence’ de l’auteur gabonais Laurent Owondo. Il est né à Libreville en 1948.

au bout du silence

Date de parution du roman : 20 mars 2002
Editeur : Hatier International
Langue : français
ISBN : 978-2-7473-0207-4

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L’auteur du jour: René Depestre

    rene depestre

               “Frontières

                 Les mers, des pays nous séparent
                 Des millions d’étoiles nous séparent
                 Des millions d’arbres et d’animaux.
                 Des millions de visages humains
                 Sont des inconnus pour toi et moi.
                 Que de frontières, ma bien-aimée!
                 Que de frontières pour un amour!”

Extrait tiré du “Journal d’un animal marin”, Seghers, 1964 (poésie), de l’auteur haïtien René Depestre. Il est né le 29 août 1926 à Jacamel en Haïti. Il célèbre aujourd’hui ses 88ans.

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L’auteur du jour: Ousmane Aledji

ousmane

Ousmane Alédji est né le 27 août 1970 est un écrivain, poète et dramaturge Béninois.
Il a été enseignant, puis journaliste. Il est aujourd’hui écrivain, poète, et dramaturge. Aledji « habite » ses textes par la mise en scène d’une œuvre qui s’affine création après création, rapide, percutante, violente. Prolifique, il a écrit et monté plus de 18 spectacles, passant du théâtre à la poésie ou au conte, dans une trajectoire décapante, rebelle, insoumise.
Prince Yoruba, Aledji est profondément lié au destin de l’Afrique, fustigeant la domination financière étrangère qui a succédé à la colonisation. Continue reading

L’auteur du jour: Tchicaya U Tam’si

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« La Force Publique est venue foutre plus de pagaille encore. Peut-être encore plus de blessés. Peut-être encore plus de morts. La Force Publique ne dispersera pas seulement les gens à coups de fusil tirés en l’air.
Car, dites-moi, qui a la poitrine à dix, vingt mètres au-dessus de ses pieds pour aller attraper si haut une décharde de plomb inopportune?
Je n’ai plus vu Ndinga. Nous courions en tous sens.
A coups de fusil, ils ont fait vider la place. Ndinga courait à côté de moi. Je courais à côté de lui. Nous nous tenions par les doigts de la main. Une bousculade nous a séparés. Il tirait un peu la patte… Il claudiquait, car une de ses chaussures n’avait plus de talon. Continue reading

Le livre du mois: “Ce qu’on peut lire dans l’air” de Dinaw Mengestu

dinaw livre« S’il klaxonne encore, se dit ma mère, je ne partirai pas. C’était une question de principe et de conviction ou de quelque chose d’approchant, si bien que, même s’il ne s’agissait que d’orgueil ou de rage déguisée, elle était déterminée à se battre jusqu’au bout, quitte à tout casser. Elle l’avait, somme toute, attendu des années- en veuve virtuelle, sinon qu’elle n’avait ni cadavre ni compassion. S’il y avait donc une chose qu’on lui devait bien aujourd’hui, c’était du temps. Du temps pour préparer ses bagages, ajuster les bretelles de sa robe et réfléchir a ce qu’elle avait pu oublier et dont elle pourrait peut-être avoir besoin plus tard. Continue reading

L’auteur du jour: Raphaël Confiant

confiant

“Je me le suis fait arracher une après l’autre, expliqua-t-il à Rose-Aimée, et je les ai remplacées par de l’or, comme ça, même après ma mort, ma bouche ne pourrira pas. Ha ! Ha ! Ha ! »

A l’allée des soupirs, la jeunesse dorée de Fort-de-France se livrait aux premiers frémissements de l’amour. Une immense estrade avait été installée à cote de la statue de l’Impératrice Joséphine au pied de laquelle un vagabond était en train de pisser.

« Toi aussi tu es venu pour le général ? S’enquit Bec-en-Or

  • Il est temps que demain soit la », répondit sobrement Thémistocle.

Ils passèrent la soirée à boissonner aux « Marguerite des Marins » et dans les troquets de la Transat. La négraille piaffait d’impatience et avait décidé de ne pas dormir. Les péripatéticiennes de la Cour Fruit-a-Pain avaient, exceptionnellement, diminué leurs tarifs et bien couillon celui qui s’en serait privé.

Philomène, qui fut jadis la négresse féerique des bas quartiers de Fort-de-France, dispensa une doucine faramineuse à tous ceux qui eurent la chance de défaillir entre ses bras. « C’est pour Papa de Gaulle », leur susurra-t-elle.

Extrait tiré du roman « Eau de café » de l’auteur martiniquais Raphaël Confiant. Il est né le 25 janvier 1951.

 Date de parution du livre : août 2011

ISBN : 978-2-25306337-7

Edition : Le livre de poche

Langue : français

 

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Our recent trip to Sweden as part of the Breaking Barriers, Building Bridges project…

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Maria Håkansson (Chargé d’affaires for Sweden in Rwanda, far left) with representatives of Tubiteho, Teater Sagohuset, Kaami Arts, Comedy Knights and Ishyo. (Photo credit: Teater Sagohuset)

Set to run from 2014 to 2015, the human rights project entitled “Breaking barriers, building bridges” aims at raising awareness, fighting discrimination, supporting inclusivity and cultural rights of children and youth with disabilities in Rwanda. This project will seek ways to improve the lives of young people with mental or physical disabilities while promoting the rights of freedom of expression, access and participation in cultural activities. It is supported by the Swedish Institute and coordinated by Teater Sagohuset (a Swedish theater company) with Ishyo Arts Centre, in partnership with Rwanda Library Services, Tubiteho, Comedy Knights and Kaami Arts, and Rwanda Library Services.  Continue reading

L’auteure du jour: Buchi Emecheta

Emecheta buchi“Suppose qu’il n’y ait jamais d’hiver, cette période où toute créature vivante semble disparaître de la surface de la terre, les oiseaux seraient toujours là, ils feraient partie du paysage quotidien et elle n’aurait pas remarqué celui-là ni écouté sa chanson timide. N’est-ce pas cela ce qu’il nous faudrait en Afrique, d’avoir un long hiver où il n’y aurait ni soleil, ni oiseaux, ni fleurs sauvages ni chaleur ? Continue reading

L’auteur du jour : Wilfried N’Sondé

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« Le grand Staline passait ses journées à séduire des femmes, se rendre a des rendez-vous galants, se faire inviter à diner ou déjeuner. On ne lui connaissait ni domicile, ni père, ni mère, et encore moins d’enfants. Son regard de fille faisait rapidement fondre les cœurs, quelques secondes, autant de temps qu’il lui fallait pour se transformer parfois en un monstre de colère d’une rare violence dans le poing. Avec beaucoup d’habileté, il arrivait à ruiner ses maîtresses. Non content des cadeaux qu’elles lui faisaient, il s’emparait aussi des carnets de chèques et utilisait leurs cartes de crédit.
A quoi rêvent les filles ? Stanislas ne le savait pas ! Continue reading

L’auteure du jour : Fabienne Kanor

fabienne

« Plus tu as, plus tu as. C’est mathématique. Le tout c’est de ne pas bruler les étapes. Si tu t’accroches, tu auras une bonne vie parce qu’au jour d’aujourd’hui, manger pour manger ne suffit pas. Regarde autour de toi : tout le monde rêve de posséder une voiture de luxe. Y en a qui disent que c’est dégueulasse et moi je dis qu’ils ont raison, les gens d’espérer plus. Pourquoi pas ? Qui a dit non ? Seulement ça ne s’gagne pas au poker, le luxe. »

Extrait tiré du roman « Faire l’aventure » de l’auteure martiniquaise Fabienne Kanor. Fabienne est née le 7 août 1970.

Résumé

Il était fier d’avoir fait l’aventure et franchi les frontières. Heureux d’avoir survécu à cette mer que l’on bourrait de cadavres pour ne pas couler, ce tas de flotte en colère. La mort était partie mais l’affolement était demeuré. Biram regardait ses pieds d’aventurier.
Il avait peur. Chaque homme a sa définition de l’aventure. Pour Biram, elle se confond avec les routes d’exil qui pourraient le mener du Sénégal aux cotes de l’Europe. Mais l’aventure dont il avait rêvé n’existe pas. Il doit affronter des épreuves qu’il n’avait pas imaginées et miser sur le hasard pour avancer. Mbour s’éloigne, le souvenir du jeune homme qu’il était avant de partir lui échappe : seul reste le désir de Marème cette fille aux manières de filles et aux rêves plus grands que les siens.

Editions : JC Lattès
Collection : Littérature française
Date de Parution : 01/2014
ISBN : 9782709643634

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